Journée de travail ordinaire, dans une entreprise ordinaire, pour un employé ordinaire. Il s’affaire à répondre à des demandes de clients, à faire du mieux pour les satisfaire, par téléphone ou par courriel. Il reçoit justement une notification et, voyant le nom de l’expéditrice du message, il cesse ce qu’il avait commencé pour sortir de son bureau. Il est dans un service tout au bout d’un long couloir qu’il doit traverser chaque fois qu’il veut se rendre sur la terrasse, pour s’aérer l’esprit et vapoter. Il en profite parfois pour marquer un arrêt au distributeur de boissons chaudes, n’osant appeler café l’infect breuvage proposé par l’automate, et à l’occasion, pour socialiser un peu avec les collègues. Puis il continue son chemin, le pas un peu moins pressé.

 

Il ne manque de l’observer lorsqu’elle est présente à son bureau. Un petit coup d’œil, en coin, essayant de rester discret. Et si jamais elle le remarque, il la gratifie d’un sourire tout en la saluant tandis qu’elle lui rend la pareille. Jusqu’alors, ils n’ont jamais échangé plus que ces marques de politesse. Mais ce qu’il préfère par-dessus tout, pendant qu’il profite de sa pause, c’est lorsqu’elle sort de son bureau pour une destination lambda. Il peut alors observer ses courbes évoluer gracieusement au rythme de ses pas. Et bien qu’il ne soit pas spécialement fétichiste, il apprécie les escarpins qu’elle a l’habitude de porter et qui mettent en valeur de jolies cambrures.

Est-ce par timidité ou par crainte d’outrepasser le cadre professionnel qu’il n’a jamais osé lui parler ? Un peu des deux. L’absence du moindre signe de sa part à elle aussi, fait qu’il n’a jamais voulu l’incommoder, voire purement et simplement la harceler. Après tout, ils évoluent dans deux mondes différents qui ne font qu’épisodiquement se croiser. Sauf que cette fois-ci, la rencontre a lieu dans les toilettes du sous-sol d’un pub où se prolonge le pot de départ d’une connaissance qu’ils ont visiblement en commun. Il vient d’aller soulager sa vessie, elle va pour rentrer dans le lieu d’aisances. Si à l’étage, la fête bat son plein et l’enivrement est de mise, ils sont seuls au seuil du lieu exigu. Et donc, il sourit, un peu plus gêné que d’habitude.

« Tu ne mates pas mes fesses cette fois-ci ?! » dit-elle d’un air sévère qui devient amusé quand elle voit qu’il rougit, tentant de balbutier quelques mots. Puis elle le repousse à l’intérieur de la cabine, y pénètre également et ferme la porte d’un mouvement rapide, pour venir le coller au mur et se plaquer contre lui. Il apprécie le contact de la généreuse poitrine contre son torse, alors qu’elle approche sa bouche de son oreille. Dans un souffle, alors qu’elle lui attrape les poignets, elle lui susurre « je suis sûre que tu as envie de les toucher. En tout cas, j’ai très envie que tu les touches, tout autant que de toucher les tiennes » joignant le geste à la parole.

Et le voilà caressant avec vigueur les deux globes qu’il a tant observés, donnant maintenant du relief à ses pensées. Et ses mains d’explorer les courbes de ses hanches et de ses flancs s’offrant à lui, tandis qu’il apprécie le pelotage qu’elle lui inflige en même temps qu’elle embrasse son cou et la naissance de sa barbe. Ses doigts habituellement glacés viennent alors se glisser sous le chemisier de la belle pour éprouver la chaleur de sa peau, se baladant jusqu’à aller se saisir des seins. Elle se recule alors, le regard brûlant, et déboutonne le haut du vêtement, laissant apparaitre gorge et soutien.

C’est ainsi qu’à son tour, il la plaque contre la porte et vient coller sa bouche contre la sienne. Leurs langues se mélangent goulument, jusqu’à ce qu’il entreprenne de venir embrasser sa nuque, une épaule, puis qu’il entame une descente vers un téton qu’il a subtilement libéré. Elle lui étreint alors le crâne, tentant d’agripper des cheveux qu’il n’a pas, dans des soupirs de contentements qui se font de plus en plus fort. Il sait que c’est le bon moment pour dégrafer le pantalon en jeans qui moule si bien ses formes. Ses doigts baladeurs se rendent très vite compte qu’elle est trempée de désir. Cela dit, la bosse qu’il sent dans son entrejambe montre également de façon assez explicite son excitation.

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« Tu as des capotes ? » se demandent-ils en même temps, tandis qu’elle libère sa virilité d’une main agile, mais ferme. Petit moment de flottement. « Pas grave » lâche-t-elle, alors qu’elle le repousse légèrement et s’accroupit. Ses lèvres viennent délicatement englober le membre tendu. La caresse buccale le fait vaciller un instant par sa douceur, lui arrachant un râle sourd. Les instants qui suivent lui procurent des sensations intenses, mille feux ardents dévorants son esprit. Agrippant la queue de cheval de sa partenaire pour l’aider à se relever, il lui fourre à nouveau la langue dans la bouche, pendant que ses doigts franchissent la barrière de coton et viennent glisser sur son sexe humide.

La maintenant toujours contre la porte en lui tirant les cheveux en arrière, il la pénètre du majeur et de l’index, tandis que son pouce vient titiller son clitoris. Le va-et-vient se fait tout aussi rapide qu’elle le branle frénétiquement. Il arrête de l’embrasser pour la regarder. Son visage grimace de jouissance, elle se mord les lèvres et redouble de vigueur dans la masturbation du sexe de plus en plus sensible pendant qu’il insinue son annulaire dans le cul qui s’ouvre instantanément. Elle ne peut contenir un « ouiiiiiiiiii », l’invitant à jouir sur son ventre, ce en quoi il s’exécute généreusement. Son sperme épais se répand sur sa peau blanche et les deux font ce qu’ils peuvent pour se maintenir debout.

Une fois rhabillés, il remonte avec quelques minutes d’avance. Personne ne semble avoir remarqué leur absence et ils n’échangeront jamais plus que des sourires quand leurs regards se croiseront. Au cours de la soirée puis plus tard, au boulot. Leurs seuls échanges de communication étant par courriel, quand l’un invite l’autre à le rejoindre aux toilettes, comme elle vient de le faire, pour pimenter des journées de travail ordinaire.

Illustration © Jack VETTRIANO